Manger la nuit nécessite quand même une sacrée succession de gestes précis : se lever du lit, rejoindre la cuisine, ouvrir le réfrigérateur, choisir un aliment… Difficile d’imaginer faire tout ça en dormant ! Pourtant, c’est exactement ce que vivent certaines personnes en plein milieu de la nuit.
Plus étonnant encore ? Au réveil, elles ne gardent en général aucun souvenir de leur escapade nocturne, si ce n’est parfois quelques bribes… Et elles découvrent les emballages ouverts ou les restes laissés derrière elles.
Ce comportement est en réalité un trouble alimentaire lié au sommeil, également appelé SRED (Sleep-Related Eating Disorder). Bien connu de la science du sommeil, il reste encore mal compris du grand public.
Pour nous, chez Bultex, c’est aussi un phénomène qui nous offre une occasion fascinante d’explorer les capacités de notre cerveau, quand il n’est ni complètement endormi, ni complètement éveillé !
Quand le cerveau fonctionne sans être véritablement réveillé
Lorsque nous dormons, notre cerveau est encore capable de nous faire accomplir quelques actions. Le SRED en est une démonstration particulièrement impressionnante. Au cours d’un épisode, le dormeur peut se lever pour aller chercher de la nourriture et manger. Il se trouve alors dans un état de conscience altérée.
Le lendemain, ses souvenirs sont la plupart du temps troubles, voire absents. C’est un fonctionnement qui n’est pas sans nous rappeler celui du somnambulisme, où certains mécanismes cérébraux sont suffisamment actifs pour permettre des gestes, une action, alors que les systèmes impliqués dans l’éveil ne le sont pas encore complètement.
D’ailleurs, la neurologue Isabelle Arnulf, cheffe du service des pathologies du sommeil de la Pitié-Salpêtrière, décrit le SRED comme une « forme hyperspécialisée du somnambulisme ».
C’est un peu comme si le cerveau passait en pilote automatique.
SRED : des gâteaux… à la lessive !
C’est ici que ce trouble devient plus préoccupant qu’une simple visite de nuit au réfrigérateur.
Dans un article publié en août 2026, Le Monde s’est justement penché sur ces étranges fringales alimentaires nocturnes. Les différents cas rapportés nous montrent que le contenu des placards n’est pas toujours le seul problème ! En effet, si les aliments consommés sont pour la plupart du temps ordinaires (chocolat, yaourts, gâteaux ou conserves), l’état de conscience altérée conduit aussi parfois à des comportements plus dangereux : ingérer des produits non comestibles, utiliser un four ou des plaques de cuisson puis se blesser, etc.
Manger endormi ou avoir faim pendant la nuit ?
Parfois confondu avec les fringales nocturnes, le SRED n’est pas la cause de toutes les visites de nuit dans la cuisine.
Une personne qui se réveille avec une fringale sait qu’elle est levée. Elle est éveillée et consciente de ce qu’elle mange. Or, dans le SRED, la prise alimentaire se produit au contraire lorsque la conscience reste altérée. La différence tient donc notamment à l’état de conscience.
Des antécédents alimentaires plus fréquents ?
En 2012, afin de mieux comprendre le SRED, la neurologue Isabelle Arnulf a comparé des patients atteints par ce trouble à des somnambules et à des volontaires sains.
Un des éléments qui en ressort nous montre que les personnes concernées par le SRED présentaient davantage d’antécédents de troubles du comportement alimentaire (TCA) comme la boulimie ou l’anorexie.
Dans ce même groupe, des troubles anxieux ou dépressifs, ainsi qu’un passé de somnambulisme, ont également été relevés plus souvent.
Alors attention, cela ne prouve pas qu’un TCA est à l’origine du SRED ! Les études disponibles concernent de petits effectifs, et le trouble est encore mal maîtrisé.
Notre corps est-il programmé pour manger la nuit ?
Notre horloge biologique joue aussi un rôle dans notre alimentation ! Et on ne peut pas vraiment dire que l’on soit programmé pour s’alimenter au beau milieu de la nuit.
En effet, la chercheuse Inserm Armelle Rancillac nous rappelle que « notre horloge circadienne est calibrée pour que l’organisme soit en mode actif et digestion le jour et en mode repos et réparation la nuit ».
De plus, on sait pertinemment que sommeil et appétit sont étroitement liés. Une dette de sommeil peut perturber nos mécanismes impliqués dans leur régulation et modifier nos comportements alimentaires. Bien entendu, cela ne veut pas dire qu’une nuit trop courte provoque un SRED…
Le SRED : un trouble à prendre au sérieux
Vous l’avez compris, le principal problème du SRED tient aux comportements pendant ces épisodes et aux risques qu’ils entraînent. Imaginez manipuler un appareil de cuisson ou manger quelque chose de dangereux sans en avoir véritablement conscience… inutile de vous faire un dessin.
Une prise de poids et une vraie souffrance psychologique peuvent en plus s’ajouter à cela. Certains vivent avec la honte ou la crainte d’un nouvel épisode.
Une prise alimentaire nocturne qui se répète, souvenirs ou pas, mérite donc un avis médical. L’idée sera d’identifier le trouble pour envisager une prise en charge adaptée.
Le regard Bultex | Nos nuits sont loin d’être inactives
C’est un fait, dormir nous réserve décidément quelques surprises. Ce qui est fascinant, c’est que même quand notre conscience paraît déconnectée, certaines parties de notre cerveau continuent d’orchestrer des comportements complexes.
Le SRED en est un bel exemple spectaculaire ! Il nous rappelle à quel point nos mécanismes nocturnes restent passionnants à étudier.
C’est cette compréhension du sommeil qui nourrit notre expertise et notre conception du couchage chez Bultex, marque préférée des foyers français*. Parce que nos nuits cachent beaucoup plus de science qu’on ne pourrait l’imaginer, du fonctionnement du cerveau au choix du matelas.
Pour mettre toutes les chances de votre côté pour des nuits plus sereines, quelques bonnes habitudes restent de mise :
- Des horaires de sommeil réguliers ;
- Des nuits suffisamment longues ;
- Un environnement propice au repos.
* Marque la plus détenue : 18 599 personnes interrogées de février 2019 à mars 2025, Institut Iligo
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