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Sommeil des enfants

Pourquoi mieux dormir peut aussi aider vos enfants ?

Elisabeth de La Morandiere

9 janvier 2021

Selon une étude parue dans Journal of Clinical Sleep Medicine, si les parents dorment mal, les enfants aussi dorment mal ! Nos deux experts répondent à nos questions et livrent leurs conseils pour aider toute la famille à retrouver un bon sommeil.

 


Experts :

  • Docteur Véronique Desvignes, Pédiatre. Membre du bureau de l’AFPA (Association Française de Pédiatrie Ambulatoire).
  • Docteur François Duforez, Médecin du Sport et du Sommeil. Ancien Chef de Clinique des Hôpitaux de Paris, Praticien Attaché APHP, Centre du Sommeil de l’Hôtel-Dieu Paris European Sleep Center.

Quel est le lien entre le sommeil des parents et celui des jeunes enfants ?

Dr. Véronique Desvignes : Si les parents sont de gros dormeurs, ils ne vont pas forcément entendre les petits bruits que fait leur enfant lors qu’il se réveille la nuit. Celui-ci va s’habituer à se rendormir seul dans une maison calme, sans l’aide de personne… et tout le monde poursuivra sa nuit tranquillement, jusqu’au prochain biberon! A l’inverse si l’un des deux parents (parfois les deux) se précipite au chevet de l’enfant au moindre bruit, il le dérange involontairement dans son sommeil, risquant de le réveiller complètement. Et si le phénomène se répète chaque nuit, le sommeil de l’enfant sera affecté.

Dr. François Duforez : Je suis tout-à-fait d’accord avec ma consœur. D’après plusieurs études, il semblerait même que la mère ait une sensibilité plus forte que le père aux pleurs et aux bruits du bébé. Il y a aussi les parents très anxieux, insomniaques, qui se lèvent plusieurs fois par nuit sans raison pour contrôler le sommeil de leur enfant. Là encore avec le risque de le réveiller. Concernant les enfants un peu plus grands, les modèles parentaux sont importants. Comment exiger d’un enfant une durée de sommeil suffisante, si ses parents eux-mêmes veillent très tard ou ont des horaires de coucher très irréguliers ?

Est-ce que coucher bébé dans la chambre parentale peut permettre à toute la famille de mieux dormir ?

Dr. Véronique Desvignes : L’OMS recommande de garder le nourrisson dans la chambre parentale jusqu’à ses six mois. Cette proximité facilite les tétées et les ré-endormissements, et augmente le temps de sommeil du bébé et des parents. Le berceau dans la chambre peut bien souvent rassurer un parent un peu anxieux. Pas besoin de se mettre en « mode veille » et de tendre l’oreille pour savoir si tout va bien. En lâchant prise, le parent retrouve un sommeil plus profond… et l’enfant aussi, puisqu’il n’est plus dérangé.

Quels conseils pourriez-vous donner aux parents qui sont en manque de sommeil ?

Dr. François Duforez : On peut faire appel aux grands parents, à une amie, une sœur pour qu’ils s’occupent du bébé pendant une nuit. Si l’on a une nounou à domicile, pourquoi ne pas lui demander une fois de temps en temps de rester dormir? Il existe également des puéricultrices de nuit qui viennent prendre soin du bébé pendant que les parents dorment.

Dr. Véronique Desvignes : Avec l’allongement du congé de paternité, les pères peuvent prendre le relais pendant un temps. Certains parents alternent des « nuits de garde ». L’un dort avec le bébé dans une pièce tandis que l’autre récupère une nuit entière dans une autre chambre. Pour vraiment profiter de sa nuit complète, les bouchons d’oreille peuvent être d’une grande utilité. On sera moins tenté d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté de la porte! D’autres préfèrent se partager la nuit. Si le père doit se lever très tôt, il peut assurer les biberons de début de soirée (20H-23H) pendant que la mère se repose. Celle-ci reprend la main jusqu’au petit matin. Une mère qui allaite peut tirer son lait pour les biberons donnés par le père pendant la première partie de nuit.

Si l’on est insomniaque, comment faire pour résister à l’envie d’aller voir bébé ?

Dr. François Duforez : On ferme les yeux et on concentre son attention sur sa respiration plutôt que sur d’éventuels bruits provenant de la chambre du bébé. Cette technique utilisée en cohérence cardiaque permet d’apaiser les émotions, de baisser l’anxiété et de favoriser l’endormissement. On inspire pendant 6 secondes, on expire pendant 6 secondes puis on se met en apnée 2 secondes et on recommence. Un bon moyen pour se laisser partir et replonger dans le sommeil sans troubler le sommeil de l’enfant.

 

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