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Sommeil, santé & bien-être

La génétique a-t-elle un impact sur le sommeil ?

Solène

4 avril 2024

La génétique a un impact sur le sommeil en termes de qualité, de durée et de régularité. Elle a aussi une influence sur les troubles du sommeil, comme l’insomnie ou l’apnée du sommeil, qui peuvent survenir chez certains individus.

 

Si les individus adultes ont généralement besoin de 7 à 9 h de sommeil pour se sentir reposé, on observe des différences assez importantes entre eux. Il est donc normal de se demander si la génétique a un impact sur le sommeil. En effet, certaines personnes sont considérées comme des petits dormeurs, et d’autres comme des gros dormeurs. Par ailleurs, une certaine partie de la population est touchée par des troubles de sommeil, comme l’insomnie et l’apnée du sommeil. Les gènes ont-ils également une influence à ce niveau ? C’est en effet ce que concluent de nombreuses études scientifiques menées ces dernières années. Regardons ensemble, dans cet article, quelles sont les dernières découvertes en matière de génétique et de sommeil.

Introduction à la génétique du sommeil

La génétique du sommeil correspond à l’étude des facteurs génétiques qui impactent les habitudes de sommeil et les troubles du sommeil. Les chercheurs étudient en quoi les gènes affectent la durée, la qualité et la régularité du sommeil. Chaque individu a en effet un besoin de sommeil différent qui correspond à un besoin biologique. Les dormeurs ont généralement besoin de 7 h de sommeil pour être en forme la journée, mais cette durée est variable selon les individus.

Les facteurs génétiques qui influencent les rythmes circadiens

Tous les organismes vivants ont leur propre rythme biologique interne, et l’humain ne fait pas exception. Ses cycles de 24 heures régissent une bonne partie de ses fonctions, dont celle du sommeil qui est fortement impactée par les gènes.

Qu’est-ce qu’un rythme circadien ?

Un rythme circadien est un rythme de 24 heures qui régule la plupart des fonctions biologiques de l’être humain :

 

  • L’alternance veille-sommeil ;
  • La température corporelle ;
  • La fréquence cardiaque ;
  • La pression artérielle ;
  • La production d’hormones ;
  • Les capacités cognitives ;
  • L’humeur ;
  • La mémoire.

 

Ce rythme vous permet de rester éveillé pendant la journée et augmente votre température corporelle, il limite par contre le processus digestif pendant la nuit, etc.

Le rôle des gènes dans la régulation des horloges biologiques

Le rythme circadien est dirigé par votre horloge interne, située dans le cerveau, dans l’hypothalamus plus exactement. Son activité électrique est contrôlée par une quinzaine de gènes « horloge » (CLOCK, BMAL, Per, Cry, Reverb…) . Ces derniers modulent, selon les informations qu’ils reçoivent de l’extérieur, les cellules rétiniennes périphériques (cellules à mélanopsine) qui captent la lumière. Ils influent également sur la production de mélatonine, l’hormone du sommeil, et sur d’autres activités de votre organisme (activité physique, alimentation…).

 

La survenue du sommeil dépend de la quantité de mélatonine présente dans votre corps, celle-ci étant produite avec l’obscurité du début de nuit. Les cellules rétiniennes, elles, inhibent la production de cette hormone lorsqu’elles perçoivent de la lumière.

Héritabilité du sommeil

Si l’héritabilité du sommeil n’a pas encore révélé tous ses secrets, de nombreuses études réalisées à travers le monde permettent d’en savoir un peu plus sur le caractère héréditaire des habitudes de sommeil :

 

  • De nombreuses études ont porté sur l’observation des habitudes de sommeil des jumeaux. Les chercheurs ont étudié les jumeaux monozygotes d’un côté, c’est-à-dire les « vrais » jumeaux, donc identiques au niveau génétique. Ils ont également observé les jumeaux dizygotes : les « faux » jumeaux qui partagent environ 50 % des gènes. Ils ont retrouvé des similitudes dans les caractéristiques du sommeil des vrais jumeaux. Ces derniers ont en effet tendance à respecter les mêmes horaires de sommeil et ont la même qualité de sommeil.
  • L’équipe de l’Université de Genève (UNIGE) a mis en évidence le gène Nf1 qui est essentiel dans la régulation du cycle veille-sommeil et qui peut être responsable de maladies génétiques fréquentes.
    Une étude de l’Université Exeter a ciblé des gènes ou sites génomiques qui influent sur la durée du sommeil et d’autres sur sa qualité.
  • Les chercheurs de l’université Monach en Australie ont montré que les gènes ont une grande influence sur le temps d’endormissement, pour 83 %, sur la qualité du sommeil, pour 57%, et sur le temps de sommeil, pour 65%.
  • Une équipe californienne a découvert que les petits dormeurs ont un point commun : une mutation dans le gène BHLE41. Ils se satisfassent de 5 h de sommeil environ par nuit et sont plus résistants au manque de sommeil.

 

De plus en plus d’études valident donc l’influence de la génétique sur le sommeil. Cependant, les chercheurs constatent également que l’environnement et le mode de vie de la personne (stress, habitudes alimentaires, exposition à la lumière…) ont aussi une grande influence sur ses nuits.

Les gènes et les troubles du sommeil

De même que les gènes ont influence sur les habitudes de sommeil, il semblerait également qu’ils jouent un rôle sur certains troubles du sommeil. En effet, d’après certaines études scientifiques, il existe des prédispositions génétiques pour les insomnies, la narcolepsie, le syndrome des jambes sans repos et également d’autres troubles. 

Génétique et insomnie

L’insomnie semble reliée à la génétique si l’on en croit les études suivantes :

 

  • L’étude de la faculté de médecine de l’Université de Virginia Commonwealth à Richmond a montré que l’insomnie est héréditaire. Elle l’est à 59 % chez les femmes et à 38 % chez les hommes. Ces recherches ont aussi conclu que le risque d’insomnies par génétique serait d’au moins 30 %. 
  • Par ailleurs, une étude internationale publiée dans la revue Nature Genetics a ciblé des gènes associés à l’insomnie. Ils sont impliqués dans différentes régions cérébrales (cortex frontal, noyaux sous-corticaux).

 

Génétique et apnée du sommeil

Concernant l’apnée du sommeil, l’hérédité serait responsable pour 40 % des cas. Les chercheurs n’ont pas encore clairement identifié les gènes spécifiques. Cependant, ils ont mis en avant des facteurs génétiques qui influeraient directement ou indirectement sur la survenue de ce trouble du sommeil :

 

  • L’obésité dont l’influence génétique concerne 40 à 70 % des cas ;
  • Les caractéristiques craniofaciales, c’est-à-dire la forme des os et des tissus mous du visage ;
  • L’instabilité des voies aériennes supérieures.

 

Conseils pour optimiser le sommeil malgré les prédispositions génétiques

Si la génétique contribue à influer sur le sommeil, elle n’est cependant heureusement pas le seul paramètre. Vous pouvez en effet très bien bénéficier d’un bon sommeil réparateur en mettant en place une bonne routine :

 

  • Adoptez des horaires de coucher et de lever réguliers, que ce soit en semaine ou pendant le week-end : votre horloge biologique se synchronisera mieux.
  • Programmez des activités calmes le soir : prenez une douche, buvez une tisane, pratiquez de la méditation, lisez un bon livre…
  • Laissez les écrans de côté au moins 2 heures avant l’endormissement, afin que leur lumière bleue ne perturbe pas votre cycle.
    Ne consommez aucun excitant en soirée (café, thé, alcool, cigarette…).
  • Dînez léger pour que votre digestion n’entrave pas votre sommeil.
    Couchez-vous dès les premiers signes de fatigue : votre corps sait quand c’est le moment d’aller au lit.
  • Pratiquez de l’activité physique en journée, à distance de l’heure de coucher (jusqu’à 4h avant de dormir), et si possible en vous exposant à la lumière du jour. Le sommeil optimal ne peut, en effet, se produire que si vous avez une activité physique régulière. 
  • Maintenez une température favorable au sommeil dans votre chambre à coucher.
  • Équipez-vous d’une bonne literie confortable pour passer des nuits réparatrices. N’hésitez pas à tester votre couchage à l’achat pour vérifier qu’il vous convient : Bultex vous offre à ce titre 101 nuits d’essai.
En résumé,
Que faut-il retenir ?
Comment les gènes influencent-ils les rythmes circadiens ?

Les gènes « horloges » contrôlent l’horloge interne du corps, grâce aux informations qu’ils reçoivent de l’extérieur, via les cellules rétiniennes notamment. Ils influent notamment sur la présence de mélatonine, l’hormone du sommeil, qui est produite à la nuit tombée pour faire venir le sommeil.

Les habitudes de sommeil sont-elles héréditaires ?

Selon les dernières recherches, les habitudes de sommeil pourraient être en partie héréditaires. Comme les études sur les jumeaux l’ont montré, les horaires de sommeil, sa régularité et sa qualité pourraient être influencés par les gènes. L’environnement a cependant également un impact sur le sommeil d’un individu.

Quel rôle ont les gènes dans les troubles du sommeil ?

Les gènes ont également un rôle dans la survenue des troubles du sommeil. L’insomnie pourrait être héréditaire, le risque de survenue par génétique étant de 30 % minimum. L’apnée du sommeil est, par ailleurs, indirectement induite par des facteurs héréditaires comme l’obésité, les caractéristiques craniofaciales et l’instabilité des voies aériennes supérieures.

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