Sport, science & performance

François Duforez

Solene

14 juin 2021

Je suis médecin du sport et du sommeil et un ancien sportif de compétition. J’ai participé pendant douze ans aux championnats de France de tennis. Ainsi, j’ai pu associer la médecine du sport à celle du sommeil, en m’attachant notamment à l’étude des facteurs de récupération.

 


Pendant cinq ans, j’ai été formé au centre d’études et de recherches de médecine aérospatiale, un service qui appartient à l’armée de l’air, afin d’étudier l’adaptation de l’homme à des environnements extrêmes. Ensuite, je suis devenu médecin au Centre du Sommeil et de la Vigilance de l’Hôtel Dieu.

 

Je suis également un ancien de l’INSEAD. Cette école m’a permis de mieux comprendre les enjeux des entreprises en matière de sommeil : comment lier la science appliquée, la recherche appliquée, et la médecine, avec le grand public et la consommation de produits qui touchent à la santé ? C’est dans cette optique-là que j’ai créé plusieurs sociétés, dont l’European Sleep Center. Nos consultants, des médecins, scientifiques, ingénieurs, et cliniciens, cherchent à décrypter le fonctionnement du sommeil en suivant des gens atteints de pathologies, ainsi que des sportifs. Notre travail porte sur la chronobiologie, la récupération, la dette de sommeil, la privation de sommeil… Parmi les gens que nous accompagnons se trouvent des militaires, des navigateurs en solitaire, des sportifs olympiques ou des fédérations. Très vite, nous avons compris que le sommeil était le premier facteur de la récupération physique et mentale et qu’il permettait de prévenir les blessures…

 

"J’ai pu associer la médecine du sport à celle du sommeil, en m’attachant notamment à l’étude des facteurs de récupération"

 

 

Avant de me spécialiser sur le sommeil, j’étais médecin en formule 1 et je dirigeais une équipe de recherche sur l’adaptation des pilotes à la course automobile

 

Il y avait un transfert d’expérience entre les pilotes de chasse et de formule 1. C’est venu comme ça, dans les années 90, et puis jusqu’en 2010. Le pilote en question, Alain Prost, me disait qu’il avait un problème de décalage horaire. Les grands prix se déplacent partout et il ne dormait pas bien. C’était dangereux pour lui, en termes de concentration, de vigilance et de performance. Il cherchait un moyen de s’adapter au décalage horaire et voulait qu’on s’occupe également de ses mécaniciens. Les mécaniciens, s’ils sont fatigués et qu’ils font une erreur, il y a un gros facteur de risque. Dans les années 90, on a donc travaillé pour plusieurs teams de formule 1: la team d’Alain Prost, lateam Jordan… en nous occupant du sommeil des mécaniciens, des managers et des pilotes. Nous avons ainsi mené une continuité d’études dans les années 2000. Un vrai défi ! Quand vous devez convaincre des mécaniciens de mettre des électrodes sur la tête 24h sur 24 pendant un grand prix, il faut être le moins dérangeant possible.

 

À l’époque on n’avait pas d’outils aussi sophistiqués qu’aujourd’hui et donc on se posait les électrodes sur nous-mêmes, pour leur montrer qu’on était capable de travailler avec. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai enregistré mon sommeil… Ensuite, d’autres sportifs se sont intéressés à ces études. Avec l’arrivée du Vendée Globe, des navigateurs nous ont demandé de l’aide. Ils voulaient savoir comment faire, en dormant très peu, pour éviter les accidents. En 1996 j’ai donc accompagné des navigateurs pour la première fois, pendant le Vendée Globe. L’idée était d’assurer la performance et la sécurité des hommes dans un environnement dangereux. C’est cette question de performance et de sommeil qui m’a intéressée.

 

Après les navigateurs, on a eu le rugby à 7. La Fédération Française de Rugby s’est montrée elle aussi intéressée, dans la mesure où les joueurs ont sans arrêt des tournées à Hong Kong, en Australie, aux États-Unis… On a donc commencé avec le rugby dans les années 2000 et aujourd’hui on est très impliqués avec le Centre National de Rugby. Parallèlement à ça, le club de l’AS Monaco nous a contacté pour qu’on s’occupe de leurs joueurs. En 2014, la jeune génération était très intéressante: ils sortaient moins la nuit dans les clubs, mais ils sortaient virtuellement, et le temps de sommeil des jeunes footballers diminuait énormément, augmentant ainsi le risque de blessures. D’autres clubs nous ont ensuite rejoint: l’OM et la Fédération de Foot. Leur enjeu était un enjeu d’éducation. Pour les jeunes joueurs, il est très important d’avoir une bonne hygiène de sommeil. Le sommeil, c’est l’élément régulateur de notre santé et pour bien dormir, il y a quelques règles d’or, dont la literie fait partie.

 

 

C’est pour ça que Bultex a décidé de créer le SommeilLab Bultex : dispenser de l’information validée à la population générale, dans un but d’éducation et de prévention.

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