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Culture sommeil

Quand la pleine lune nous inspire…

Pauline Certes

28 mars 2024

On lui prête un impact sur notre sommeil et sur nos humeurs. Mais la pleine lune joue-t-elle un rôle sur l'inspiration et la créativité ? Quatre autrices nous racontent le rapport particulier qu'elles entretiennent avec la nuit et cet astre mystérieux.

 


Jennifer Murzeau, autrice de « La désobéissante » (Robert Laffont), « La vie dans les bois » (Allary) et plus récemment « Le Coeur et le chaos » (Julliard).

 

« Je suis toujours contente de croiser la lune et je prends le temps de l’observer quand elle se présente, sous une forme ou un autre, mais la pleine lune n’a jamais véritablement eu d’impact sur moi. En revanche, j’ai toujours fantasmé sur ces auteur.e.s qui écrivent la nuit. Je trouve ça très chic. Le problème, c’est que moi, je suis une marmotte. J’adore dormir, la nuit. Cependant, j’ai parfois des problèmes d’insomnie. J’ai traversé une phase particulièrement sévère, il y a un peu plus d’un an. Je me réveillais à deux heures du matin et ne me rendormais pas. Au bout de quelques jours, j’ai décidé de mettre ce temps à profit, d’autant que j’étais en train d’écrire un livre, à cette période. J’ai donc allumé mon ordinateur au milieu de la nuit, et me suis mise à écrire dans le silence. J’ai adoré cela, je noircissais des pages sans discontinuer, exaltée par la satisfaction d’être si efficace et par l’impression de voler du temps, de vivre et de créer tandis que le monde dormait. J’ai écrit la moitié de ‘Le cœur et la chaos’ comme ça. »

 

Lucile Quillet, autrice de « Libre de prendre le pouvoir sur ma carrière » (Diateino), et d’un prochain essai en cours à paraître (aux éditions Les liens qui libèrent).

 

« La pleine lune, je m’y fie juste pour me couper les pointes de cheveux, en revanche je trouve qu’on écrit bien plus facilement la nuit. J’ai connu de jolis tunnels nocturnes, c’est un moment un peu suspendu où l’on perd la notion du temps et de la pression, on se concentre mieux. J’ai du mal à travailler ‘quand il le faut’, j’ai tendance à procrastiner (par pur esprit de rébellion ?). Depuis que je suis free-lance je vois à quel point le rythme de travail ‘normal’ ne me convient pas, de 13h à 16h je ne suis bonne à rien. Je suis bien plus efficace quand je ne suis pas censée écrire : les weekends, la nuit… il y a ce côté un peu transgressif où personne ne sait ce que tu fais, c’est caché, on s’autorise plus facilement à écrire ce que l’on veut. »

 

Sophie Rosemont, autrice de « Girls Rock » (Nil éditions), et de « Black Power – L’avènement de la pop culture afro » (GM éditions).

 

« La nuit, en général, est synonyme d’inspiration. Parce qu’on est beaucoup plus au calme que durant la journée, propice au tumulte et qu’on n’est pas dérangé par des appels téléphoniques, des e-mails, ou la logistique du quotidien… Il y a un calme qui aide vraiment à se concentrer, donc à écrire. Je me souviens, pour mon premier livre, mettre le réveil à 4h30 ou 5h du matin, alors qu’il faisait encore nuit et que tout était silencieux, pour écrire. Sans ça, je ne crois pas que j’aurais réussi à le terminer ! Je suis assez sensible à la lune, particulièrement à la nouvelle lune, durant laquelle mon sommeil est assez agité. Donc, à défaut de dormir, autant écrire ! Mes rituels ne varient pas, c’est ma productivité, qui, en revanche, est très différente entre la nuit et le matin, qui est aussi un bon moment pour moi pour écrire… »

 

Violaine Schutz, autrice de « Daft Punk, l’histoire d’un succès planétaire » (Scali) et « Courtney Love, de l’enfer à la rédemption glam » (Camion Blanc).

 

« J’ai toujours été fascinée par la nuit et par la lune. J’ai longtemps écrit sur ce qui se passait la nuit, des fêtes aux troquets qui restent ouverts jusqu’au petit matin en passant par des portraits de noctambules… La nuit est souvent le lieu où l’on peut être soi. C’est pour ça qu’écrire une nuit d’insomnie fait jaillir des idées nouvelles et souvent plus folles. Quand ça m’arrive, je peux écrire des heures durant, sans m’arrêter. On dit que la nuit, tous les chats sont gris. C’est surtout que l’on est plus libre et en cela, il y a une certaine égalité entre les gens, par rapport au jour où chaque personne répond à des codes sociaux parfois très normatifs. Quant à la lune, son lien avec la sorcellerie, le mystère et l’astrologie m’inspirent. L’un de mes films fétiches s’appelle d’ailleurs ‘Les nuits de la pleine lune’, d’Eric Rohmer. »

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